Elle a introduit une requête en habeas corpus.

Me Michèle Ndoki a comparu hier 18 avril 2019 au Tribunal de Grande Instance de Yaoundé dans le cadre du procès en Habeas Corpus. Dans sa plaidoirie, Me Michèle Ndoki a déclaré qu’elle avait beaucoup appris sur le fonctionnement du système juridique camerounais et sur la manière dont « des personnes innocentes étaient incarcérées sans justification concrète ». A l’issue de l’audience d’hier, Me Claude Assira conseil de Michèle Ndoki a affirmé que, l’arrestation de sa cliente n’est pas justifiée. Pour lui, l’arrestation de cette avocate et sa détention sont illégales.

Le tribunal de Yaoundé a renvoyé l’affaire qui oppose l’État du Cameroun à Michèle Ndoki, vice-présidente du directoire des femmes du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun au 25 avril 2019. Mais avant, l’arrivée de Me Michèle Ndoki au tribunal a mis Yaoundé en branle. En effet, il a été difficile ce jour-là, pour quiconque venait du côté Sud de la ville, d’accéder facilement au Centre. Tant le lieu-dit Sonel centrale, plus précisément au niveau du jardin Charles Atangana était bloqué par un embouteillage. C’est que, le tronçon qui mène au palais de justice, était tout simplement barré : de ce carrefour, à celui juste après le musée national. Aucun véhicule n’y avait accès, sauf les véhicules convoyant les détenus venus en jugement ce jour.

Pour y accéder, les piétons étaient donc contraints de faire le trajet à pied à partir du lieu du barrage, ou alors, pour ceux qui tenaient absolument à arriver à destination avant de descendre du taxi, emprunter le chemin secondaire, passant par la délégation régionale des Enseignements secondaire du Centre pour aboutir directement à l’entrée du palais de justice. Ici, pas question de passer comme à l’accoutumée, sans une présentation formelle. Il fallait montrer patte blanche pour avoir accès aux différents services qui y sont situées. Une fois à l’intérieur, policiers et gendarmes avaient nombreux pris d’assaut la zone. C’est le même déploiement qui a prévalait à l’extérieur.

En tenues de combats, armes au poing et paquetages posés à même le sol, non loin des véhicules prêts à démarrer, les hommes en tenue qui ont encerclé le palais de justice montaient la garde. Ils ont d’ailleurs déguerpi ceux des commerçants et autres petits vendeurs qui habituellement vendent des petits casse-croûtes et offrent divers moyens de restauration aux usagers du palais. C’était à se demander ce qui s’y passait. Un usager croit savoir que « c’est Maurice Kamto qui est entendu il n’y a que pour lui qu’un tel dispositif est souvent mis sur pied ». Pourtant, il n’en était rien. C’est bien une affaire en rapport avec le MRC, mais celle-ci concernait Michèle Ndoki.

C’est aux environs de 13h que s’ouvrira son audience, dans la salle d’audience du tribunal de grande instance du Mfoundi (TGI), devant le juge des libertés. En face du lui, assise dans le box des accusés, Michèle Ndoki, rayonnante, dans un Kaba ngondo de couleur orangée, cheveux, relevés comme habituellement en une sorte de chignon, loin de lui donner une allure sévère, la rend plutôt plus jeune et joviale. A sa gauche, une pléthore d’avocats, assignés à sa défense pour certains (une bonne trentaine) et d’autres, encore plus nombreux, venus en solidarité à leur consœur. La salle elle aussi, est pleine à craquer, davantage de personnes venues soutenir la désormais célèbre avocate. De temps à autre, on peut apercevoir un hochement de tête, ou alors certains qui se permettent de terminer les phrases des avocats qui se succèdent à tour de rôle, pour soutenir la requête en habeas corpus introduits par la requérante.

A droite, tout seul, le procureur de la république du TGI du Mfoundi, monsieur Ndi Ndi, pour le compte du ministère public. Le débat, déjà houleux, portait sur le titre de détention, portant le nom de la requérante et signé du juge. Un document dans lequel en réalité, il n’y a ni raison, ni justificatif de sa détention, donc pas de raison d’être de cette audience. C’est que, pour les requêtes en habeas corpus généralement comme le veut la loi, ledit titre de détention doit être présenté au juge des libertés au même moment que la personne qui fait la demande de libération immédiate.

Le problème, c’est que le parquet ne l’a pas. Et demande un renvoi pour le produire à la prochaine audience. Ce à quoi les avocats de la défense se sont opposés. C’est donc en cours d’audience que le régisseur de la prison centrale de Kondengui a fait tenir au procureur de la République, une copie dudit document. Chose qui a davantage compliqué la situation, car le document en question est une copie dont le nom du signataire est à peine visible. De mains en mains, les avocats de la défense l’ont scruté chacun à son tour, apporté leurs observations et fait leurs remarques. Tous, Me Meli, Me Tsale, Me Bouopda, Me Tchudjo, Me Assira, Me Simh et finalement Me Ndoki elle-même, pour dire que le document qui est une copie, ne devrait pas être accepté par le juge. Que s’il existe un original, qu’il soit produit au tribunal pour faire avancer ce procès.

Tout compte fait, le document a été rejeté, mais comme l’a souhaité le procureur de la République, l’audience a tout de même été renvoyée au 25 avril 2019, pour permettre au parquet de présenter l’original du mandat de détention provisoire.

En guise de rappel, Me Michèle Sonia Ndoki avocate, vice-présidente du MRC chargée de l’organisation des femmes a été interpellée le 26 février 2019 par les forces de défense et de sécurité, alors qu’elle s’apprêtait selon une source sécuritaire, à quitter clandestinement le Cameroun à partir de la localité de Idenau, commune du département du Fako (sud-ouest) frontalière au Nigeria. L’avocate activement recherchée depuis les manifestations publiques interdites par les autorités administratives du 26 janvier 2019 à Douala et Yaoundé Bafoussam, ayant entraîné des troubles à l’ordre publics. Elle séjourne depuis à la prison centrale de Yaoundé.

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