Entre intimidations, arnaques, despotisme et trafic d’influence, les professionnels de ce que l’on nomme très souvent quatrième pouvoir ne trouvent pas la perche tendue. Tant les particuliers ne leur ménagent pas la plume, quand ils sont en droit de rentre compte ou pour dénoncer.  Au Cameroun les conditions de travail du journaliste ne sont pas du tout des plus alléchantes. Les responsables des certaines entreprises de presse agissent comme des mercenaires quand ils ne transforment pas leurs employés en caisse de résonnance qui relaie des infos sans vérification en amont, souvent pour répondre à certaines autorités qui s’empoignent par presse interposée.  Liberté de la presse rime-t-il avec libertinage que non. La profession qui a des canons, oblige les professionnels au respect d’une certaine déontologie et une ligne éditoriale de la structure utilisatrice.

Pour Xavier Messe, enseignant de journaliste et ancien directeur de publication du quotidien Mutations qui a accordé une interview à la radio Equinoxe, à l’occasion de la 26e Journée Internationale de la liberté de la presse qui se célèbre ce vendredi 3 mai 2019. Il y a lieu de dénoncer le traitement accordé à la presse camerounaise par les pouvoirs publics : « A travers le classement annuel de Reporters Sans Frontières (RSF), nous constatons que le Cameroun n’a pas évolué en matière de liberté de la presse. Bien au contraire, il a régressé. L’année dernière, il était 129è, cette année il est devenu le 131è au monde. C’est une position qui ne nous rend pas fiers. (…) Vous savez, la presse est le miroir d’un pays et lorsqu’elle ne se porte pas bien, c’est l’image de ce pays qui en prend un coup. Il faut que les autorités camerounaises arrêtent de dire face au classement de RSF que « le chien aboie, la caravane passe ». La presse au Cameroun, depuis quelques années, a eu à former énormément des journalistes qui sont compétents et qui font un travail excellent ; la presse camerounaise est l’une des meilleures en Afrique au Sud du Sahara. Le véritable problème, c’est que les dénonciations et révélations que cette presse fait, passent inaperçues. »

Attendons de voir si le 3 mai 2019 est une célébration de plus ou alors que les pouvoirs publics et les responsables d’entreprises de presse vont prendre des initiatives pour que le plus beau métier du monde retrouve ses lettres de noblesse.

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