Alors que la communauté internationale se félicite du bel enthousiasme politique qui a marqué le processus électoral  du 7 octobre 2018 au Cameroun, la population locale attend le président élu sur le chantier de la relève du tissu économique dramatiquement touché; avec une jeunesse diplômée aux abois.

Une envolé du renouveau mitigée. Le gouvernement camerounais dans sa Stratégie de Lutte contre la Pauvreté (DSLP) adoptée en 1998 s’est engagé « à poursuivre avec efficacité la lutte contre la pauvreté au Cameroun de manière à réduire considérablement et durablement la proportion de la population qui vit en dessous du seuil de pauvreté ». La Stratégie de Réduction de la Pauvreté (DSRP) qui a alors pour objectif principal de « réduire sensiblement la pauvreté au moyen d’une croissance économique forte et durable, d’une meilleure efficience des dépenses, des politiques de réduction de la pauvreté convenablement ciblées et du renforcement de la gouvernance ».

La mise en œuvre du DSRP entre 2003 et 2007 n’a pas eu de résultats probants malgré une amélioration perceptible de l’assainissement de gestion des fonds publics. Le Cameroun enregistre une baisse du taux de croissance qui va de 4,3% en 2003, 3,6% en 2004, 2,8% en 2005. Il sera en hausse à partir de 2006 (3,5%), pour fléchir à nouveau en 2007 (3,3 %). Mais cette hausse sera sans incidence réelle, car elle sera accompagnée d’une hausse du taux d’inflation qui va de 1,1% à 5,3% et d’une baisse du taux de croissance en 2008.

Il va s’ensuivre une stagnation du taux de pauvreté et une aggravation des situations de précarité qui conduisent aux “émeutes de la faim de 2008”. Le DSRP sera révisé et le gouvernement va adopter en 2009, le Document de Stratégie pour la Croissance et l’Emploi (DSCE) qui vise en fait à corriger les insuffisances du DSRP « en vue d’obtenir une croissance forte et durable, compatible avec les objectifs socio-économiques fixés». Les réflexions sur « le triangle pauvreté – croissance – inégalités »  posent évidemment le problème des politiques économiques à mettre en œuvre pour élargir le champ des retombées de la croissance de manière à ce que les plus démunis puissent en tirer profit.

La paralysie de plusieurs secteurs dont le tourisme et hôtellerie, le transport, le commerce, l’agriculture et l’élevage

La crise de la dette souveraine  qui persiste, assombrit les perspectives économiques de notre pays et semble hypothéquer l’avenir des jeunes diplômés qui se comptent désormais par millier. Les conséquences économiques de cet état de choses sont graves. Le tissu Économique s’effondre littéralement, tout au moins en ce qui Concerne le secteur formel et les répercussions se font de plus en plus ressentir même dans le secteur informel qui attire depuis les années 90. La situation se caractérise par: La fermeture de la plupart des unités de production des biens avec une paupérisation des services,  le retrait de certaines présences commerciales pour les entreprises qui ont des Agences et autres représentations à travers le pays; le renforcement des mesures de sécurité autour des installations encore Opérationnelles  dans certaines régions du pays et pour les employés qui y travaillent encore; ce qui renchérit considérablement les coûts opérationnels; l’annulation des plans d’extension, d’investissement et de négociations avec des partenaires étrangers qui se basent souvent sur la capacité de leurs partenaires locaux à s’étendre et conquérir de nouveaux marchés. Le septennat des opportunités est il une aubaine pour la masse citoyenne ou bien une démagogie des technocrates en service ? Seule l’avenir nous dira….

loading...

Poster un Commentaire

avatar
  S’abonner  
Notifier de