Tandis que des actions sont menées pour trouver les causes de ce phénomène au ministère des Finances, des mesures sont envisagées par les acteurs de la société civile.

« Où est passé la petite monnaie ? ». Les différentes sources que nous avons abordées pointent un doigt accusateur sur la Banque des Etats de l’Afrique centrale (Beac). Interpellé sur le sujet le 18 décembre 2018, lors du 4ème comité de politique monétaire de la Beac, Abbas Mahamat Tolli, le gouverneur répondait : « Je n’en ai pas connaissance de façon précise. Nous avons appris qu’il y a des comportements de certaines entreprises qui, non seulement transfèrent des pièces de monnaie FCFA, mais exportent ces pièces ».

Il a par la suite précisé : « Nos services mènent des enquêtes avec les autorités des pays membres de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) pour déterminer l’ampleur de ce phénomène afin de nous doter des moyens pour le circonscrire. C’est un sujet sur lequel nos équipes sont à pied d’œuvre pour déterminer l’ampleur, les circuits, et l’historicité ». Depuis cette prise de parole, aucune autre déclaration n’a été faite. L’information claire et nette. L’économiste Hubert Kamgang pense que ce problème est plus profond. La rareté de la petite monnaie n’est que la partie visible, par le commun des mortels de la répression monétaire. Il y a répression monétaire quand la monnaie ne joue pas son rôle économique qui est de faciliter les activités économiques. Le Cameroun serait victime de la répression monétaire. Cette répression empêche notre économie de sortir du sous-emploi massif et plus généralement de se transformer pour faire du Cameroun l’équivalent des « dragons » et « tigres » d’Asie.

Selon lui, en application de l’article 26 de la constitution, l’Assemblée nationale devrait initier, voter et faire exécuter des lois régissant le Régime d’émission de la monnaie. Par ailleurs, en juin 2019, lors de la session parlementaire, il compte organiser une marche pour sensibiliser les élus. Au ministère des Finances (Minfi), on réfute l’hypothèse d’une répression monétaire. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que les usagers sont confrontés à cette situation.

Même si cette année, les responsables de ce département ministériel avouent que la situation est permanente et plus résistante. Il s’agirait d’un problème de proportion. L’offre serait inférieure à la demande. Pour connaitre les raisons, il serait utile de se rapprocher de la Beac, la seule institution capable d’apporter d’amples explications. Cependant, au Minfi, les responsables disent ne pas rester les bras croisés. Nous avons appris que : « De nombreuses concertations ont été organisées pour trouver les causes de ce problème. Des études sont en cours de réalisation. Le plus important est de savoir que le Minfi a saisi la Beac, afin qu’elle produise plus de pièces de monnaie souhaitée par les usagers ».

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