Jour après jour, l’étau se resserre autour de Donald Trump. Plusieurs de ses proches sont mis en cause dans l’enquête du procureur spécial Robert Mueller, chargé d’établir les liens entre la Russie et l’équipe de campagne de Donald Trump, en 2016. Mais le président américain continue de parler de chasse aux sorcières. Or, s’il ne fait aucun geste pour rencontrer le procureur Mueller à l’amiable, il a toutes les chances d’être assigné à comparaître. C’est en tout cas la menace brandie par le procureur et révélée par le Washington Post ce mercredi 2 mai.

Cela fait des mois que Robert Mueller joue au chat et Donald Trump à la souris. Le procureur veut entendre le président américain mais la Maison Blanche. S’il passe au stade supérieur et émet une assignation à comparaître, on pourrait entrer dans une longue bataille juridique.

Un procureur spécial peut-il convoquer le président des Etats-Unis devant un grand jury ? C’est loin d’être acquis mais il y a pourtant un précédent. Bill Clinton a été assigné à comparaître en 1998 dans l’affaire Lewinsky mais la procédure n’est jamais allée à son terme puisque, dos au mur, Bill Clinton a choisi de témoigner. Il s’est porté volontaire ce qui a levé l’assignation. On ne sait donc pas, en cas de recours, comment la Cour suprême se serait positionnée.

Ensuite, les avocats de Donald Trump ont un argument solide, ce qu’on appelle aux Etats-Unis le privilège de l’exécutif. C’est une notion qui n’est pas dans la Constitution mais qui protège le président. C’est en quelque sorte la raison d’Etat, qui lui permet de ne pas divulguer certaines informations au Congrès ou à la Justice.

Cet outil très ancien, a déjà été invoqué par plusieurs présidents comme George Washington, en 1792 ou Barack Obama en 2012. De toute évidence, on est encore loin de voir Donald Trump répondre aux questions du procureur Mueller.

Départ de l’avocat de Trump en charge de l’affaire

Par ailleurs, l’équipe de défense du président est touchée par un nouveau remaniement. Et non des moindres. L’avocat qui défendait le président dans le cadre de l’affaire des ingérences russes quitte la Maison Blanche.

Officiellement, Ty Cobb part simplement pour prendre sa retraite, et la porte-parole de la Maison Blanche a salué en lui un « ami du président qui a accompli un formidable travail ». Mais son départ révèle un changement de cap dans la stratégie de défense de la présidence, analyse notre correspondante à Washington, Anne Corpet.

Ty Cobb a toujours préconisé une pleine coopération avec l’équipe du procureur spécial et avait signalé qu’il ne resterait pas dans l’équipe de Donald Trump si celui-ci se débarrassait de Robert Mueller. Or dans une série de tweets rédigé ce mercredi, le président rappelle qu’il a le pouvoir de limoger qui il souhaite et menace de l’utiliser.

Emmet Flood qui va remplacer Ty Cobb faisait partie de l’équipe d’avocats qui avait défendu Bill Clinton lors de la procédure de destitution qui avait engagée contre lui au début des années 90. Emmet Flood devra rapidement se prononcer sur une question cruciale : le président doit-il ou non accepter de répondre aux questions du procureur Mueller.

Il est très difficile risquant pour le procureur, vu la propension du président à s’éloigner de la vérité. Mais refuser un tel face à face comporte aussi un risque : celui de voir le procureur adresser une assignation formelle à Donald Trump.

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