Au Tchad, ce vendredi, le chef de l’Etat doit promulguer la Constitution marquant le passage du pays à la IVe République. Ce jeudi, le Premier ministre, Pahimi Padacket Albert, dont le poste a été supprimé dans la nouvelle Constitution a présenté sa démission. C’est l’aboutissement d’une promesse de campagne d’Idriss Déby que l’opposition a combattu jusqu’au bout.

Les parlementaires tchadiens examinaient déja le projet d’une nouvelle Constitution qui fera passer le pays sous la IVe République. Cette nouvelle Constitution renforce les pouvoirs du chef de l’Etat, crée un nouvel ordre juridique et oblige les élus à prêter serment sur les livres saints. Un processus boycotté par l’opposition qui dénonce aussi bien sa légitimité que sa légalité.

Le projet de Constitution compte 228 articles repartis en 17 titres et 10 chapitres. Il consacre un régime présidentiel intégral, supprime le poste de Premier ministre ainsi que des institutions comme le Conseil constitutionnel ou encore la Cour des comptes qui deviennent de simples chambres de la Cour suprême.

Le mandat du président passe de cinq à six ans et celui des parlementaires de quatre à cinq ans. Une fois élu, le chef de l’Etat prête serment sur la Bible, le Coran ou un fétiche, selon sa croyance.

Le projet, apprêté seulement quelques jours après la fin du forum, a été transmis dans la foulée au Parlement qui a eu deux semaines pour l’examiner.

Pahimi Padacket Albert n’a pas attendu la promulgation de la nouvelle Constitution, qui supprime entre autres la primature, pour remettre sa lettre de démission. Il a dévoilé ses intentions dès jeudi matin 3 mai, faisant ses adieux aux ministres venus en Conseil de cabinet.

Au même moment, au Conseil constitutionnel, les sages saisis par l’opposition parlementaire planchaient sur la légalité du changement de Constitution opéré par voie parlementaire.

L’opposition exigeait un référendum, mais elle a été déboutée par le Conseil constitutionnel laissant la voie libre au pouvoir qui organise ce vendredi, avec faste, une cérémonie pour promulguer la nouvelle Constitution.

Idriss Déby aura tenu ainsi une de ses promesses électorales selon laquelle il faut un Tchad nouveau, avec une nouvelle carte administrative, des institutions revues avec un exécutif sans Premier ministre ni vice-président

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