Le phénomène est de plus en plus fréquent alors que plusieurs usagers crient au secours de leurs épargnes emparées. C’est l’objet de cette interview menée par Benoit-Ivan WANSI avec Alban Clovis FOGANG, ingénieur marketing et stratégie et président du comité d’organisation du salon de la micro finance.

Quelle est la procédure requise pour créer une micro finance au Cameroun ?

Il faut rappeler que nous avons des textes règlementaires que nous avons adoptés en 2002 et qui ont été révisés et mis en place. Ils sont valables depuis juillet 2018 ; Il faut avoir un capital minimum qui varie selon la forme de la structure, le lieu du siège. Le dossier à soumettre au ministère des finances doit contenir les informations sur le plan des ressources humaines aptes à travailler dans ce projet de micro finance. Le projet doit respecter les 22 normes régies par la COBAC (commission bancaire d’Afrique centrale, ndlr) qui est le gendarme du secteur. Dans un délai de trois mois, le porteur du projet sera contacté pour ce qui est de l’agrément.

Comment expliquer que des micros finances ferment les portes tous les jours et s’en vont avec les épargnes de leurs usagers, non avisés ?

Ceux qui ferment tous les jours sont ceux qui n’ont pas d’agréments. Et parmi eux, il y ‘en a qui ont soumis leurs dossiers sans suite. La deuxième catégorie est composée de ceux qui se présentent comme des associations. Dans le troisième groupe, il s’agit des problèmes de management issus d’une croissance fulgurante non adaptée aux facteurs essentiels.

Que prévoit la loi face à cette situation lorsqu’on sait que des usagers y perdent leurs épargnes ?

La loi n’en parle pas. Elle demande plutôt aux propriétaires d’établissements financiers de se doter d’un agrément. Donc, l’Etat n’est pas responsable des fonds déposés au sein des institutions financières qui n’en disposent pas. J’ai organisé pendant plusieurs années le salon de la microfinance avec le GICAM. A travers ces occasions nous avons passé des messages aux clients et usagers afin qu’ils soient de plus en plus informés.

Quelles solutions préconisez-vous pour que cela ne soit plus récurrent ?

Les dossiers doivent être bien montés, valables, pour qu’ils ne soient pas rejetés. Nous proposons au ministère des finances d’organiser des rencontres semestrielles chaque année avec les promoteurs des micros finances et spécialistes en la matière. C’est assez important.

loading...

Poster un Commentaire

avatar
  S’abonner  
Notifier de