La Cour pénale internationale (CPI) a « fait droit aux demandes d’acquittement » de l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo et de Charles Blé Goudé, et prononcé leur libération. Détenu depuis le 30 novembre 2011, le fondateur du Front populaire ivoirien (FPI) va donc pouvoir quitter sa cellule de la prison de Scheveningen, à La Haye.

La Cour pénale internationale a décidé d’acquitter et de remettre en liberté l’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo et l’ex-chef des Jeunes Patriotes, Charles Blé Goudé. Son procès pourrait s’arrêter là, avec un acquittement, ou se poursuivre. Le sort de Laurent Gbagbo était suspendu à la décision de la Cour pénale internationale (CPI) qui s’est  prononcé ce mardi 15 janvier 2019, sur la demande d’acquittement ou de libération provisoire de l’ancien président de Côte d’Ivoire. En détention depuis sept ans, Laurent Gbagbo, âgé de 73 ans, est accusé de crime contre l’humanité durant la crise post-électorale de 2010-2011, née de son refus de céder le pouvoir à son rival, l’actuel président ivoirien Alassane Ouattara. Les violences avaient fait plus de 3 000 morts en cinq mois.

 La CPI a finalement « fait droit aux demandes d’acquittement » des avocats de Laurent Gbagbo et de Charles Blé Goudé et « ordonne leur mise en liberté ». Cette décision intervient après quatorze demandes successives de liberté provisoire refusées, et fait suite à l’audience qui s’est tenue le 13 décembre dernier. Arrêté le 11 avril 2011 à Abidjan et détenu, dans un premier temps, à Korhogo, dans le nord de la Côte d’Ivoire, Laurent Gbagbo avait été transféré à La Haye le 29 novembre 2011. Son procès a démarré le 28 janvier 2016. Poursuivi pour « crimes de guerre et crimes contre l’humanité », l’ancien président ivoirien a toujours plaidé non coupable. Au fil des 231 jours d’audiences sur le fond, plus de 80 témoins se sont succédé à la barre

La décision de la CPI a été accueillie par des cris de joie des partisans de l’ancien président ivoirien à La Haye: À Abidjan, le fils de l’ancien président ivoirien, Michel Gbagbo, a déclaré, très ému : « Je suis trop content ! Cela va au-delà de mes espérances. Merci aux Ivoiriens ! ».  « Nous avons toujours dit que le président Gbagbo était innocent de tous les crimes dont il a été accusé. Nous avons vécu ces événements, nous savons quelle est la vérité. Aujourd’hui, la vérité a éclaté. La justice internationale reconnaît que Laurent Gbagbo n’est pas un criminel. Il est innocent de toutes les charges qui lui étaient reprochées », déclare Hubert Oulaye, ancien ministre de la Fonction publique de l’ex-président ivoirien.

Environ 200 personnes se sont rassemblées lundi à Abidjan pour exprimer leur hostilité à une éventuelle libération. « La CPI travaille comme si les victimes n’existaient pas », a dénoncé auprès de l’AFP Issiaka Diaby, le président d’un collectif de victimes qui regroupe 8 000 personnes. « Si on libère Laurent Gbagbo, il n’y aura plus de justice à notre égard », a affirmé Karim Coulibaly, 43 ans, amputé d’une jambe après avoir reçu une balle lors de la crise. « J’étais chauffeur, je suis chômeur aujourd’hui. On n’est pas contre la réconciliation mais il faut d’abord satisfaire les victimes ».

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