Au Gabon,

 le Premier ministre Emmanuel Issoze Ngondet reconduit  dans ses fonctions, deux jours après avoir présenté la démission de son gouvernement à la suite d’une décision de la Cour constitutionnelle. Il lui revient désormais de former un nouveau gouvernement.

Pour cette raison, les députés ont perdu leurs pouvoirs, et ce, jusqu’au prochain scrutin. En attendant, tous les pouvoirs législatifs vont être transférés à l’autre chambre du Parlement : le Sénat. En ce qui concerne le gouvernement, le Premier ministre s’attèle à former un nouveau gouvernement, surtout qu’il a été reconduit à son poste.

Alain-Claude Bilie By Nze, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement : « Bien malin qui pourrait dire aujourd’hui s’il va conserver son poste. A partir du moment où un gouvernement a démissionné, aucun membre du gouvernement ne peut à ce jour être assuré de revenir à son poste ».

Un « coup d’Etat » pour l’opposition proche de Jean Ping

Un nouveau gouvernement va être mis en place assure Marie-Madeleine Mborantsuo, la présidente de la Cour constitutionnelle gabonaise : « Ce gouvernement a une durée de vie, juste le temps que l’élection des députés à l’Assemblée nationale soit organisée. Dès que l’élection est organisée et les résultats proclamés par la Cour constitutionnelle, conformément à la Constitution gabonaise, le gouvernement démissionnera et puis un autre gouvernement sera formé en tenant compte, à ce moment-là, du parti majoritaire à l’Assemblée nationale ».

La date des législatives sera annoncée officiellement par la Cour constitutionnelle. Mais avant cela, elle doit être fixée par le Centre gabonais des électionsinstance qui remplacera la précédente Commission électorale et qui a prêté serment.

Le Gabon est dans un flou institutionnel. Les élections législatives, reportées à deux reprises depuis décembre 2016, auraient dû avoir lieu avant la fin avril. Lundi, la Cour constitutionnelle avait en effet demandé le départ du gouvernement et annoncé la dissolution de l’Assemblée nationale, que le Sénat remplacera temporairement.

Jeudi, Casimir Oyé Mba le vice-président de l’Union nationale (UN), a demandé au Centre gabonais des élections de fixer avant le mois de septembre la date des législatives. L’opposant condamne la décision de la Cour constitutionnelle, parlant « d’un coup d’Etat institutionnel ». Pour l’opposition, c’est parce que le pouvoir redoute de perdre les législatives qu’il « traîne volontairement les pieds », pour reprendre l’expression de Casimir Oyé Mba qui parle « d’un scénario concocté à l’avance ».

« D’ailleurs le Premier ministre vient d’être reconduit or c’est l’exécutif qui est responsable de cette situation, c’est la confirmation que tout cela est monté de toute pièce et à dessein », renchérit Jean Gaspard Ntoutoume Ayi, un des responsables du parti. « Pourquoi a-t-on inventé ce transfert de pouvoir de l’Assemblée nationale au Sénat ? Pourquoi la Cour n’a pas donné de délai plafond ? C’est parce qu’on se prépare à ne pas organiser les élections », conclut l’opposant.

Dans le camp du pouvoir au contraire, on assure qu’il n’y a aucun agenda caché, qu’à partir du moment où le dialogue politique a abouti à une reforme de système électoral, il a fallu réviser les textes et mettre en place le nouveau Centre gabonais des élections.

« Toutes ces tâches ont pris trop de temps », reconnaît une source proche du pouvoir qui évoque notamment les divisions au sein du PDG, le parti du président Ali Bongo, entre les caciques et la jeune génération. Certains députés, pensant ne pas être investis, auraient ainsi fait preuve de « mauvaise volonté ».  « En fait, analyse cette source, la plupart des acteurs politiques ont sans doute pensé que la Cour allait tout simplement reporter les élections et prolonger le mandat des députés » or elle en a décidé autrement.

 

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