Mohamadou Abbo Ousmanou

Un homme pluridimensionnel

L’un des grands producteurs de maïs du Cameroun ou en 1982 il fonde l’entreprise Maiscam, une société agro-industrielle, Alhadj iAbbo fait également dans l’élevage, le transport, le tourisme.

Le parcours  d’Alhadji Mohamadou Abbo Ousmanou  a été véritablement celui du combattant. Né en 1936 dans la région de l’Adamaoua, dans l’arrondissement de Nyambaka, il perd son père à 12 ans. Très tôt, il s’engage auprès d’un chauffeur comme motor-boy. Quelques années plus tard, il devient chauffeur et réussira à faire de petites économies. C’est ainsi qu’il se lance dans le commerce du bétail au point de se constituer un petit troupeau. Il entreprend alors de descendre vers le Sud à pieds, avec son troupeau.  Au fil des années et petit à petit, il va  bâtir sa fortune dans l’endurance entre le commerce de bétail, le commerce général, l’agriculture, le transport, le tourisme, l’industrie et autres. Aujourd’hui, Alhadji Abbo est un homme prospère qui a des tentacules dans plusieurs branches de l’économie nationale.

A ce jour, l’homme a un ranch qui compte des milliers de têtes de bœufs, en dehors d’autres activités qu’il mène comme il l’expliquait lors d’une interview accordée au confrère  L’œil du Sahel « Je cultive du mais sur une importante surface. Vous savez que c’est un produit très prisé. Il nourrit l’homme de plusieurs façons, il nourrit le bétail et la volaille aussi. Je ne parviens même  pas à satisfaire la demande. Mon entreprise Maiscam produit aussi de l’huile végétale. Cette unité est un peu en hibernation. Nous allons relancer la production de cette unité. Je fais le transport routier sur tout le Grand-Nord. L’hôtel Le Relais St Hubert de Garoua appartient à mon groupe. J’ai provisoirement arrêté l’exploitation des salles de cinéma. Il y a d’autres activités de moindre importance que j’exerce » Si Alhadji Abbo reconnait qu’il a un beau palais, il soutient qu’il n’a pas fait de miracle. D’après lui, il faut avoir confiance en soi, en ce qu’on fait aussi. «  Il faut être honnête, avoir foi en Dieu. Chaque fois que j’allais demander un crédit  et même aujourd’hui, je prie et demande à Dieu de m’aider à le rembourser. Le reste vient seul en travaillant. Un homme qui fait des affaires doit être prudent, savoir évaluer et prendre le risque déjà évalué », martelait – il.

Aujourd’hui, Alhadji Mohamadou Abbo Ousmanou avoue être un homme comblé. Milliardaire, il est membre du bureau politique du Rassemblement démocratique du peuple camerounais(Rdpc) depuis sa création le 24 mars 1985 à Bamenda. Proche du président Paul Biya dont  on dit qu’ils s’entretiennent souvent au téléphone, il peut savourer les fruits de sa réussite avec ses 04 épouses et ses 36 enfants

Nana BoubaDjoda

La force de travail

Petit commerçant au départ,  ce natif de Mainé dans l’arrondissement de Nyambaka, département de la Vina dans la région de l’Adamaoua, a fini par  devenir un industriel de haut vol.

La vie de Nana Bouba n’a pas été aisée car, à 8 ans, il va perdre son père. Il est alors élevé par sa mère Adda qui l’envoie faire l’école coranique à Ngawana, puis à Mboulai dans le Mbéré chez son oncle, El AhdjOumarou Bitam qui va l’emmener au Gabon. Il commence à travailler comme berger. N’étant pas intéressé par ce job, le jeune homme s’oriente dans la conduite. D’abord comme « aide chauffeur »motor – boy ou plus tard, il deviendra chauffeur. Il faut préciser que pendant les trois ans passés comme aide chauffeur auprès de son oncle, Nana Bouba perçoit un salaire mensuel de 10 000 Fcfa. Déjà chauffeur, son salaire passe à 35 000 Fcfa le mois. En 1975, il décide de rentrer au pays et se lance dans le commerce avec une somme de 400 000 Fcfa économisée au Gabon.  C’est ainsi qu’il achète la marchandise pour aller revendre au Gabon. «  La première marchandise avec laquelle j’ai débuté cette activité était les ballons. Après les ballons, je suis parti au Nigéria acheter des pneus pour le Gabon et par la suite, je me suis lancé dans l’alimentation », affirme Nana Bouba.

Il fera cette navette entre le Nigéria, le Cameroun et le Gabon avant de s’installer définitivement au Cameroun. C’est ainsi qu’en 1984, il ouvre une échoppe à la Briqueterie et fonde les établissements Nabo  qui deviendront la Soacam  sept ans plus tard. Le passage du commerce à l’industrie s’opère au début des années 2000 lorsque, assistant aux difficultés du Complexe chimique camerounais (Ccc) du groupe Fadil qui est alors son fournisseur en savon, il décide de créer sa propre savonnerie. En 2001, la société Azur dont l’usine est installée dans la banlieue à Douala produit ses premiers savons et l’huile de palme raffinée six ans après. La société est dirigée par Abbo Amadou, biochimiste qui a également étudié le management à l’Essec de Paris.

A 68 ans, le fondateur du holding Nbg passe progressivement la main à ses fils quand il dit : «  Je contrôle les activités de mes entreprises à distance. J’ai déjà des grands enfants qui travaillent avec moi depuis longtemps. J’ai jugé utile de leur apprendre cette gestion pendant que je suis encore debout ». IL faut dire que le groupe Nana Bouba  a pour produits le savon Azur, l’huile gold, la tomate Neima… Le groupe s’investit également dans la promotion immobilière, ainsi que le bâtiment et les travaux publics. Il y a aussi l’élevage et l’agriculture. D’ailleurs, son cheptel compte des milliers de têtes de bœufs.

Dans le cadre du projet Greenfil qui lui tient à cœur, il a une palmeraie de 500 hectares qui est dans la phase du lancement. Mais déjà, son responsable, Mohamadou, le fils ainé de Nana Bouba le qualifie de « structurant ». Il faut dire qu’à l’horizon 2030, cette palmeraie qui devrait employer plus de 3 500 personnes et dépasser 15 000 hectares,  produira suffisamment d’huile de palme pour alimenter les savonneries Azur et Ibi, propriétés de Nbg en matière première. Avec plus de 2 000 employés, Nbg a revendiqué un chiffre d’affaires consolidé de 245 millions de dollars en 2014.

Au jour d’aujourd’hui, la Soacam domine dans la distribution des produits de première nécessité (riz, sucre, huile raffinée, savon de ménage, pâtes alimentaires, tomate, farine), en s’appuyant sur un réseau logistique solide, composé de 17 points de vente et 63 entrepôts. Un maillage étendu, en particulier dans les localités frontalières, qui assure la présence de ces produits dans les pays de la Cemac, et même en Rdc et au Soudan. Ce rayonnement hors des frontières a valu au groupe une reconnaissance internationale. C’est ainsi qu’en 2017, Azur, première entreprise camerounaise exportatrice en zone Cemac obtenait le prix de la coopération Sud – Sud décerné lors du Forum international Afrique développement, organisé à Cassablanca au Maroc par Attijariwafa Bank. En mars de la même année, Nabco concluait un partenariat avec la Fédération camerounaise de football, faisant de son eau minérale O pur, la boisson officielle des Lions Indomptables.

Nana Bouba reconnait que pour devenir ce qu’il est aujourd’hui il a fallu l’endurance et beaucoup de patience « Il faut que les jeunes comprennent que seul le travail paye. Et lorsque vous travaillez, apprenez également à faire des économies. A côté de tout cela, ayez confiance en Dieu, faites-lui part de tous vos projets. Voilà la clé du succès », martelait Nana Bouba. Chevalier de l’ordre du mérite camerounais et Chevalier de l’ordre de la valeur, il est marié et père de 19 enfants. Il est membre du Comité central du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc)

Ali Bachir

Ambitieux et téméraire

C’est ce qui caractérise ce natif du département de la Vina qui est à la fois homme politique et opérateur économique.

Fils de diplomate, Ali Bachir a connu une enfance instable mais enrichissante. Alors que ses parents faisaient le tour du monde dans l’exercice de leurs fonctions, lui poursuit ses études au Cameroun. Il décroche le baccalauréat  qui  lui permet d’obtenir un visa pour l’Allemagne où il fait les études du Génie civil. Mais en bon chercheur, le jeune étudiant se lance  dans le business parallèlement à sa formation académique. Il fait alors dans la vente de véhicules qu’il exporte vers le Cameroun. Plus tard, il se lance dans l’exportation d’autres produits. Malgré la prospérité de ses affaires en Allemagne et emporté par la fibre patriotique, la trentaine à peine entamée, Ali Bachir rentre au pays où il crée une société qui fait alors dans le Bâtiment et Travaux publics (Btp) en 2001.Aujourd’hui, il est promoteur de plusieurs entreprises actives dans les secteurs aussi variés que les hydrocarbures, les prestations de services, l’exploitation minière ou encore du bois,  avec la récente construction d’une unité de production de contre-plaqués dans la banlieue de Yaoundé.

Du côté politique, il faut dire que c’est à l’âge de 31 ans qu’il entre comme député de la nation à l’Assemblée nationale. Un véritable exploit pour ce jeune dans le département de la Vina où  l’Union nationale pour la démocratie et le progrès(Undp) de Bello Bouba Maigari  avait fait main basse sur l’électorat. Nous sommes alors en 2002. Cette victoire d’Ali Bachir  reste gravée dans la mémoire des jeunes de la région de l’Adamaoua. Surtout qu’elle survient au moment où les jeunes de cette région ne s’intéressaient plus à la politique. 15 ans plus tard, il n’a fait que s’ériger  en modèle pour sa génération. Adulé par les jeunes, il a été parrain en 2017 de la première promotion de l’Ecole normale des instituteurs de l’enseignement technique(Eniet) de N’Gaoundéré, et parrain du concert du groupe X-Maleya toujours à N’Gaoundéré, dans le cadre de la célébration de leurs 10 ans de carrière.

 C’est un homme qui a tout donné à cette politique, même si en retour, elle ne lui rend toujours pas l’ascenseur. Comme le roseau, il pli, mais ne rompt pas. « Remarquez la constance des discours de ce jeune homme lors des grands rendez-vous du parti dans la Vina. Rappelez-vous qu’il s’est toujours posé la question de savoir pourquoi malgré les assurances des populations, le résultat des urnes est toujours en faveur de l’opposition. N’Gaoundéré 1er et 2ème sont entre les mains de l’Undp. Mais, il n’a jamais baissé les bras sur le chemin tortueux de la reconquête de ces deux arrondissements. Ce qui est sûr, c’est qu’il finira par y arriver », soutient un cadre du parti  à N’Gaoundéré. C’est dire que des fourberies persistent, mais Ali Bachir résiste.

Ramat Ibrahim

Un opérateur économique pluridimensionnel

Il a bâti sa fortune et sa notoriété dans l’importation du riz, de la farine du blé et autres produits agroalimentaires.

Petit commerçant à ses débuts, Ramat Ibrahim est aujourd’hui l’un des plus grands barons  de la distribution dans l’Extrême-Nord.En effet, dans le chef-lieu du département du Logone et Chari, cet opérateur économique est détenteur d’un immense patrimoine. Il est propriétaire d’une bonne partie des immeubles situés dans le centre- ville de Kousseri où il réside. Il a aussi racheté des terrains  en bordure de route pour construire des magasins et des boutiques. Ses camions qui se comptent par dizaines sont toujours entre Douala, N’Gaoundéré et Kousseri pour le transport de ses marchandises.

Ramat Ibrahim a bâti sa fortune  et sa notoriété sur l’importation du riz, de la farine du blé et d’autres produits agroalimentaires. Représentant local de la firme Olam basée à Singapour et spécialisée dans le négoce des produits alimentaires, Ramat  ravitaille plusieurs villes du septentrion et au-delà, notamment au Tchad. Sa réputation dans l’import – export lui a permis de devenir le partenaire exclusif de la firme Nestlé, le géant suisse de l’agroalimentaire dans le Logone et Chari. Depuis quelques années, l’homme s’est lancé dans la distribution des produits et services de la téléphonie mobile, en devenant le premier partenaire de la société Nexttel à Maroua.

Ramat Ibrahim a parcouru les marchés de Yaoundé, Douala et  ceux du GabonIl est aujourd’hui une référence, mais davantage, un véritable parrain pour les jeunes qui souhaitent se lancer dans le commerce. C’est donc un milliardaire qui n’hésite pas souvent à distribuer des liasses d’argent lors de certaines cérémonies joyeuses. De nombreuses sources  lui attribuent d’ailleurs un parc immobilier colossal dans l’Extrême-Nord. A kousseri, certains s’amusent à soutenir qu’il est le propriétaire de toute cette ville. Fortuné et passionné de grosses cylindrées il a un parc automobile impressionnant. C’est cette attitude bourgeoise qui fait dire aux habitants de Kousseri qu’il est le plus riche de la contrée.

 

Ahmat Tom

Générosité et modestie

Ce sont  là les caractères de ce milliardaire Arabe Choa dont les activités s’étendent au-delà des frontières

Ahmat Tom est un opérateur économique de haut vol. Propriétaire d’un parc automobile imposant, ses investissements couvrent des secteurs aussi variés que l’agro-industrie, l’immobilier, l’élevage, l’import – export… C’est d’ailleurs ce qui lui a valu le surnom de « Tom Cfa »à Kousseri. Toutes les semaines, ses camions partent de Douala et du Nord-ouest chargés du riz, du sucre ou de thé pour le Septentrion. IL est devenu un partenaire clé dans la distribution et la vente de la marque de thé Cte entendez Cameroon Tea Estate. C’est d’ailleurs grâce au commerce du thé et du sucre qu’il a bâti sa réputation dans le Logone et Chari.Il se dit qu’il a parrainé des centaines de jeunes dans le commerce.

Il faut dire qu’Ahmat Tom a un important patrimoine immobilier à Kousseri, lequel est constitué des terrains, des maisons d’habitations et des entrepôts.Il se raconte qu’il lui arrive parfois de demander à un locataire venu verser l’argent du loyer, «  tu habites encore laquelle de mes maisons ? ». IL possède aussi des immeubles imposant à Yaoundé. Les plus connus sont entre autres, celui  dans lequel est logé la Standard Chartered Bank en du ministère de la Communication, et un autre jouxtant la pharmacie du Soleil.

Ahmat Tom n’est pas seulement un opérateur économique. Il est également un poids lourd en politique dans le Logone et Chari.IL est fortement impliqué dans toutes les élections (législatives, municipales et présidentielle), ainsi que dans l’organisation de tous les meetings du Rassemblement démocratique du peuple camerounais(Rdpc), le parti de ses amours dans lequel il est membre titulaire du Comité central. L’homme n’est pas seulement connu pour sa fortune et sa modestie. Il l’est davantage pour sa générosité. Il a construit de nombreuses Mosquées et plusieurs écoles. Chaque année, il s’acquitte de sa Zakat en redistribuant une partie de sa fortune aux nécessiteux.

A la vérité, Ahmat Tom est un milliardaire particulier. Peu bavard et parfois timides, il se balade en babouche ou samaras, et passe ses journées dans sa villa située au quartier Arabe ou dans l’un de ses magasins à Kousseri. Mais malgré son calme ce natif de Hilé-Alifa dans le Logone et Chari est un patron qui gère une centaine d’employés à Kousseri, Douala, Yaoundé et N’Djamena avec autorité. Certaines sources font état de ce que son activité commerciale va au-delà des villes citées. Il se dit d’ailleurs qu’il disposerait même des actifs en Europe. Mais l’homme préfère rester discret et communique très peu sur sa fortune. Polyglotte, il s’exprime en arabe littéraire, en fulfulde, en français, en haoussa et en kanouri.

 

Hamidou Sadou

Multimillionnaire à 20 ans

Originaire de l’arrondissement de Bogo dans l’Extrême-nord, il a bâti son empire financier dans plusieurs secteurs d’activités.

C’est en 1980 que Hamidou Sadou se lance dans les affaires au marché central de Maroua. Un an après avoir quitté les bancs de l’école en1979, alors qu’il venait de réussir avec brio le concours d’entrée en en classe de 6ème, ainsi que le Certificat d’étude primaire et élémentaire (Cepe). Issu d’une famille dont la principale activité est le commerce, Hamidou Sadou fera le choix d’embrasser ladite activité au détriment de l’école. Encouragé par son père, il reçoit de celui – ci sa part d’héritage qui lui sert alors de capital pour le début de ses activités économiques. Avec son petit capital, il se lance dans la vente des chaussures. Il fait la ligne Maroua – Douala. D’abord comme détaillant, ensuite il devient grossiste. Limité par ses propres moyens financiers, il obtient un prêt de 5 millions de francs Cfa d’une banque en 1982. Pour fructifier ses affaires, il abandonne la vente des chaussures et se reconvertit dans l’agroalimentaire.

Il est cependant important de préciser qu’à 20 ans, ce jeune opérateur économique avait déjà 20 millions de francs Cfa dans son compte.« J’ai célébré avec faste et fierté mes 20 millions à l’âge de 20 ans. Je l’ai fait parce que c’était une grande réussite, au regard de mon jeune âge à cette époque », se souvient – il. Hamidou Sadou prend véritablement de l’envol dans le business lorsqu’il devient le distributeur exclusif des produits Nestlé et Chococam dans l’Extrême- nord et des entreprises telles que la Sodecoton, laSosucam, la Cdc ou encore Maya. Grace au partenariat avec  ses grosses entreprises, il contrôle le marché du riz, du sucre, du savon, de la farine et de l’huile de table entre autres. C’est un véritable magnat dans l’agroalimentaire qui figure parmi les opérateurs économiques les plus influents de la région. « Dans la vie, il faut savoir prendre le risque. Quand je suis devenu le distributeur exclusif des produits Nestlé et Chococam, et bien d’autres entreprises, j’ai pris le risque de livrer les marchandises que mes partenaires me livraient à crédit à mes clients. Ce risque m’a permis de réaliser beaucoup de bénéfices et de développer mes activités », raconte- t-il.

D’après lui, sa réussite provient de ce risque qu’il a pris et qui l’a porté au firmament dans le landernau des opérateurs économiques de la région. Si à cette époque ce risque a payé,  l’homme regrette la malhonnêteté qui s’est érigée en règle au sein de la société. « J’ai arrêté de livrer mes produits à crédit tout simplement parce que les gens sont devenus malhonnêtes. Et je n’ai pas le temps de trainer quelqu’un en justice », déclare –t- il amère. En effet, à55 ans, Hamidou Sadou est également actif dans l’immobilier. Une nouvelle niche qu’il exploite davantage pour bâtir son empire financier. Membre titulaire du Comité central du Rdpc parti proche du pouvoir, il confesse que son entrée en politique a favorisé son ascension dans les affaires.

Nana Hamayero

Discrétion et simplicité

Employeur d’environ 23 camionneurs, il acréé un réseau social dénommé Bresdel qui compte plus de 300 000 abonnés connectés.

Transporteur, Nana Hamayero a su le devenir. Lorsque le jeune homme arrête ses études en classe de 1ère C, il suit une formation de chimiste et est embauché dans le laboratoire photo Fuji film (Société Procolor au Cameroun).Il y passe 7 ans avant d’être nommé directeur du laboratoire dans le Grand-nord. Il se retrouve ensuite à la société Moulin d’Afrique comme laborantin. Son aptitude dans le domaine informatique et commercial fera de lui Administrateur commercial de la société. Y étant, il crée la société Universal Business Group  en 2011. Consacré au transport, son promoteur agit d’abord comme démarcheur. Au vu des transactions avec les banques, certains gestionnaires lui suggèrent d’acheter ses propres camions. Ce qu’il fait avec l’aide des banques et de la famille. A ce jour, il ne doit rien à la banque. Propriétaire de plusieurs camions en plus de ceux  à lui confiés par ses partenaires, Nana Hamayero emploie environ 23 camionneurs qui font la ligne de l’Afrique centrale.

Fondateur du réseau social Bresdel, il a commencé par développer un site Web pour Universal Business Group en fin 2010. Mais déçu par la personne qui devait le développer, il prend les choses en mains. Non sans s’instruire dans le domaine à travers des recherches sur des forums. Aujourd’hui, le réseau social Bresdel dont le siège se trouve à Douala compte plus de 300 000 abonnés connectés presque tout le temps, plus en Asie qu’en Afrique. Son fondateur emploie environ 14 personnes réparties entre Yaoundé, Douala et l’Asie, dont des infographes. Pour rendre Bresdel opérationnel, Nana Hamayero a dû débourser un pactole pour l’achat du serveur, mais le développement aura couté moins cher, lui-même étant à la manœuvre. « Aujourd’hui, je gagne environ 0,0006 dollar à chaque seconde de connexion. Imaginez ce que ça peut rapporter. Je n’injecte plus mon argent pour Bresdel ; je peux payer l’hébergement, la connexion internet et les gens qui travaillent. C’est Bresdel même qui produit », se réjouit-il.

Il faut dire que Nana Hamayero qui est né le 22 octobre 1983 à N’Gaoundéré est marié et père de deux enfants. Opérateur dans d’autres secteurs de l’économie nationale, il préfère vivre caché. C’est un mordu des nouvelles technologies de l’information et de la communication. D’où son appel à un plus grand égard envers les acteurs du secteur. Cependant comme réseau social, Bresdel d’après son promoteur est loin d’être   un fourre-tout. Il reconnait que des lois régulent son fonctionnement. « Si vous regardez une photo qui ne vous plait pas, vous pouvez signaler, on supprime. Il y a un logiciel que j’ai mis sur pied, qui permet d’analyser la qualité de l’image qu’une personne ajoute. Si elle n’est pas conforme, l’image ne peut pas être publiée. C’est pareil pour tout texte non conforme à l’éthique qui s’affiche en étoiles. J’ai créé Bresdel en visant l’Afrique, mais l’Asie s’en est accaparée », regrette un peu Nana Hamayero.

Mohamadou Bayero Fadil

Un modèle de succès

Il a su fructifier le patrimoine qui lui a été légué et a pu renforcer la notoriété de la famille.

Le succès de Mohamadou Bayero Fadil n’a rien de surprenant ou d’extraordinaire. Diplômé du Georgetown University et de l’Institut polytechnique de l’université de Brooklyn  aux Etats Unis d’Amérique, il a donc la tête bien faite et bien pleine pour prendre la relève de l’empire familial après le décès de son père, Abdoulaye Fadil, en qualité de Président directeur général du groupe Fadil. Habile en management et apte à l’innovation, il conduit le groupe de succès en succès. Il va exploiter les bénéfices générés par le Complexe chimique camerounais (Ccc), repris aux Grecs à la fin des années 70 par son père pour investir dans les secteurs de l’agroalimentaire et de l’hôtellerie.

Venu avec une nouvelle vision des affaires, il commence d’abord par moderniser la fabrication des produits Ccc. Il va ensuite construire l’hôtel le Méridien (actuel hôtel Pullman Rabinga).En même temps qu’il renforce la notoriété de la Société de sel du Cameroun (Selcam). Cet engagement a eu des effets positifs, puisque lors du bilan de 2008, le patrimoine foncier du Ccc a doublé, devenant ainsi la société la plus étendue dans la zone industrielle de Bassa à Douala.

Passionné de la communication, alors que le pays est encore fragile en matière de liberté d’expression, il fonde Equateur Média Group, société éditrice du journal Dikalo et la chaine de radio Hit fm radio. Nous sommes alors en 1996.Camnews 24, une chaine de télévision, la dernière-née du groupe voit le jour le 18 février 2012. Egalement, habité par la fougue de la diversification de l’empire Fadil, il crée de nouvelles structures qui permettent aujourd’hui au groupe qu’il dirige avec maestria de revendiquer une dizaine de sociétés et une holding basée à Paris. Sans compter ses nombreuses villas à Garoua et dans d’autres villes du pays.

Comme tout bon Peuhl, Mohamadou Bayero Fadil possède un cheptel impressionnant dans son ranch de plus de 3 000 hectares situé à Goumdjel, à 75 km de N’Gaoundéré. Il faut préciser que son Père, El Hadj Abdoulaye Fadil, avait acquis un vaste patrimoine immobilier à Douala. Aujourd’hui, bien qu’étant peuhl de Garoua dans la région du Nord, les Fadil sont des fils de Douala et participent à la gestion courante de la cité. Et les populations savent bien compter sur eux. Personnellement, il offre des cadeaux par ci, construit des forages par là pour faciliter l’accès à l’eau potable, bâtit des Mosquées…

Hormis l’empire Fadil qu’il dirige, Mohamadou Bayero Fadil, tout comme son frère cadet et ancien maire de Douala 3ème ont un mot à dire dans les affaires politiques internes dans la région du Littoral. Membre titulaire du Comité central du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) depuis le congrès ordinaire de 1996, celui qui occupe également le poste de Pca de l’Agence des normes et de la qualité (Anor) est souvent désigné par la hiérarchie du parti pour assurer la coordination et le suivi de ses activités dans le Littoral. Plusieurs fois, il amené des missions d’apaisement et de renouvellement des bureaux des organes de base du parti. En 2002 par exemple, il a été envoyé à Bafoussam, à Abong-Mbang en 2007, à Yagoua en 2008 et à Mindif en 2009. C’est donc un militant engagé et écouté qui a fait ses preuves lors de la période de démocratisation des années 90 à Douala.

Pierre Hubert Rocaglia

Entre la chaux et le marbre

L’homme qu’on présente comme rigoureux et pointilleux dans le travail gère minutieusement son petit empire

Depuis 50 ans, ce Français d’origine gère une unité de production de chaux et de marbre dans la région du Nord. Grace à des carrières installées dans les localités de Figuil et Bidzar, l’usine Chaux Roca produit non seulement de la chaux et du marbre, mais aussi des fertilisants très prisés par des unités agro-industrielles. Et comme il se confiait dans une interview accordée à notre confrère L’œil du Sahel« Pour produire du marbre, de gros blocs de cailloux son dynamités dans la zone de Bidzar. Nous les scions à la machine pour obtenir le marbre de couleur rose, gris, blanc ou vert en fonction de la couleur initiale du caillou. Les restes sont broyés pour obtenir une poudre fertilisante. Elle est utilisée par des grandes sociétés comme la Cdc qui nous prend 600 000 tonnes. Maiscam en achète également pour la culture de son mais, la Sodecoton utilise notre calcaire dans la fabrication de la provende animale, la Socaver prend les déchets de concassage pour alimenter les brasseries en bouteilles »

Malgré son âge avancé, il continue d’occuper le poste de directeur général. Après 72 ans d’activités, Chaux Roca est devenu l’un des leaders incontestés dans la fabrication des matériaux de construction dans la région du Nord et au-delà. A Garoua comme dans toutes les autres villes du septentrion, ce sont les produits de la marbrerie de Figuil qui inondent les marchés. Au Tchad, on retrouve également de la chaux et du marbre estampillés Chaux Roca. Pierre Hubert Rocaglia ne manque pas de temps à autre, de réaliser des investissements sociaux. Même si de l’avis des Ong et autres associations de protection de l’environnement, cette sollicitude reste insuffisante par rapport aux impacts négatifs de l’exploitation de la chaux, du marbre et du calcaire sur les populations.

 Selon le Dg de Chaux Roca, la chaux ne présente aucun risque ni pour les employés ni pour les populations. Il dit utiliser essentiellement du bois pour faire tourner les fours de son usine. Des accusations de déforestation portées contre son entreprise, li reste formel quand il dit : « J’ai un pépinière et tous les ans, je plante 10 000 arbres. Mais, les villageois font les feux de brousse et y laissent paitre le bétail. Nous travaillons désormais en collaboration avec les Eaux et forêts. En plus des arbres que nous distribuons aux populations pour encourager les efforts de suivi, nous leurs donnons quelques arbres fruitiers » A titre de rappel, cette usine a été créée par son père en 1946. Il succède à ce dernier lorsqu’il meurt le 4 février 1968

 

Moustafa Abba

Le milliardaire discret

Sa fortune s’est bâtie dans la vente des pièces détachées, son activité originelle

Originaire de Béra dans  le département de la Vina, Moustafa Abba se lance dans la vente de pièces de rechange pour les véhicules qu’il importe des pays comme la Chine et les Emirats arabes unis (Dubai). L’expérience acquise dans le domaine lui vaut d’ailleurs d’être depuis des années, le représentant exclusif des batteries de la marque Varta au Cameroun. Il faut dire qu’une importante partie des pièces détachées de camions vendues au pays portent son estampille.

  En effet, après avoir été l’un des premiers importateurs de motos chinoises au Cameroun, activité qu’il va abandonner après l’arrivée de la concurrence, Moustafa Abba  se concentre désormais sur ses six boutiques de vente de pièces détachées qu’il gère dans les villes de Douala, Yaoundé et N’Gaoundéré. L’activité originelle de cet opérateur économique lui a permis de se diversifier dans la sphère économique en investissant dans l’élevage, l’immobilier et l’hôtellerie.

Après avoir revendu « Adamaoua Hôtel Plus » de N’Gaoundéré à un autre opérateur économique du nom de Hamadjoda Talla, Moustafa Abba compte actuellement un hôtel de luxe opérationnel à Douala et un autre en chantier dans la même ville.

Mouctar Hamadama

 Le pétrolier Peuhl

Fin négociateur dans la vente du pétrole brut et du transport des produits pétroliers à l’international, il est devenu aujourd’hui un partenaire de la société nationale de raffinage.

C’est à Bangui en République centrafricaine que Mouctar Hamadama fait une bonne partie de ses études primaires et secondaires. Sefl-made man, il suivra de nombreuses formations en gestion des entreprises. Il va alors opter pour le business. C’est ainsi qu’il  fait ses premiers pas auprès de son père aujourd’hui de regrettée mémoire, qui à l’époque, faisait dans le commerce du diamant au Cameroun et en République centrafricaine. Il quittera le secteur pour s’investir dans le négoce des produits agroalimentaires, avec ses oncles établis à Douala. Même si davantage, il va se considérer comme fils adoptif de Philippe Tchoupe, un magnat des affaires aujourd’hui décédé.

Il faut dire que Mouctar est l’un des rares opérateurs économiques du Septentrion à se lancer à l’époque dans l’industrie de l’art graphique à travers Horizons Graphics, une imprimerie industrielle qui a eu pignon sur rue au Cameroun. Aujourd’hui, il est trader dans l’agroalimentaire, avec des partenaires en Suisse, en Asie et dans plusieurs pays africains. Cette activité qu’il exerce depuis plus de 30ans lui a permis de créer plusieurs entreprises. Toutes choses qui lui ouvreront l’accès dans la vente du pétrole brut et du transport des produits pétroliers à l’international, au point de devenir partenaire de la Société nationale de raffinage (Sonara).

Aujourd’hui, la place portuaire de Douala où sont installés ses bureaux et autres entrepôts est pratiquement devenue sa maison. Sa forte maitrise des procédures dans le secteur des Douanes fait de lui un parfait conseiller pour de nombreux jeunes entrepreneurs.  Septième  dans une fratrie de de 36 enfants dont il est devenu le chef à la suite du décès de son père, Mouctar est permanemment entre deux avions à la recherche des partenaires. Il est d’ailleurs bien connu sur la place financière de Genève où il ne rate aucune occasion pour inviter ses différents partenaires à investir au Cameroun et contribuer ainsi à son développement. Discret, il fait pourtant partie des militants de la première heure du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc). Membre de la délégation permanente du Comité central pour le Mbéré, il est aussi député à l’Assemblée nationale.

 

Hamadjoda Talla

Passionné de l’immobilier

Ancien commerçant, il est devenu aujourd’hui le magnat de l’immobilier avec un patrimoine impressionnant.

Selon divers témoignages, c’est dans le commerce qu’Hamadjoda Talla a bâti sa fortune, en dépit de sa passion aujourd’hui pour l’immobilier. En effet, leader de la distribution des produits agroalimentaires dans la région de l’Est à l’époque, le commerçant d’antan qui s’investira parallèlement dans la vente des pierres précieuses, vendra ensuite son fonds de commerce à Nana Bouba, promoteur de Soacam. Une fois la retraite prise dans le commerce, l’homme, apprend-on va s’investir dans l’élevage. Il disposera d’un ranch impressionnant qu’il finira toujours par céder au milliardaire Nana Bouba. Il se dit qu’il se serait débarrassé de son cheptel du fait qu’il était devenu la proie, mieux, la cible privilégié des coupeurs de route.

Aujourd’hui, cet ancien commerçant revendique un imposant patrimoine immobilier qu’il n’a de cesse d’étoffer à travers ses multiples investissements. Le cas de la bâtisse sur l’Avenue Kennedy à Yaoundé. Depuis quelques mois, des ouvriers s’échinent à sortir sur terre, un palace bâti sur une propriété qui jadis, appartenait à l’archidiocèse de Yaoundé. On parle d’une transaction de près d’un milliard de francs Cfa pour l’achat de cet espace situé dans le centre-ville. Une fois le terrain acquis, il a entrepris la construction de l’ Hotel l’Adamaoua Plus, après celui de N’Gaoundéré.

A la vérité, cette bâtisse à elle seule témoigne de la dimension du patrimoine immobilier que revendique cet opérateur économique, originaire de l’Adamaoua. C’est toujours lui qui est propriétaire de l’immeuble Hollando à Yaoundé Ses proches lui attribue l’achat d’une concession au quartier Ngousso pour plus d’un demi-milliard de francs Cfa. Au vu de ce qui précède, on peut conclure qu’Hamadjoda Talla est un véritable magnat de l’immobilier.

Garga Bobboré

L’homme de jus de fruits naturels

 L’un des premiers producteurs dans le Septentrion à travers la société Savana, il est aujourd’hui milliardaire, même aujourd’hui partie des pionniers de l’entreprenariat au Cameroun. Cet originaire du Diamaré dans la région de l’Extrême-nord a été retenu dans cette liste établie en 2017 par le Groupement inter-patronal s’il s’est lancé dans d’autres secteurs d’activités

GargaBobboré fait du Cameroun (Gicam). C’était à l’occasion de la célébration des 60 ans de cette association patronale. En effet, Garga Bobboré fut parmi les premiers à produire des jus de fruits naturels dans la partie septentrionale du pays, grâce à la société Savana mise sur pieds par ses propres soins.

Il est au jour d’aujourd’hui, propriétaire de plusieurs immeubles dans la capitale économique camerounaise. Importateur émérite des denrées alimentaires, l’homme est présenté comme étant l’un des précurseurs du rachat et de la restructuration des entreprises au Cameroun par le Gicam. Bien avant le déclin des Nouvelles tanneries du Cameroun (Notacam), entreprise spécialisée à l’époque dans le traitement des peaux de bêtes, il est celui qui donna des lettres de noblesse à ladite entreprise. Comme bien d’autres milliardaires du Septentrion, Garga Bobboré a aidé beaucoup de jeunes du coin qui voulaient se lancer dans les affaires. Il dédie sa réussite à Allah à qui dit-il il faut tout confier. Non sans parler du travail et de l’endurance, socle de toute réussite.

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