Au Cameroun, le ministre de la santé publique de par ses nombreuses descentes inopinées sur le terrain, diagnostique les réalités des structures de santé et tend à booster le système des soins administrés aux patients. Dans cet entretien transcrit par Benoit-Ivan WANSI, Henri Nyambi III Dikosso en sa qualité de directeur de la solidarité nationale et du développement social au Ministère des affaires sociales, explore la question de l’indigence dans les hôpitaux, qui participe de la construction d’un laboratoire de justice sociale dans le pays. 

Qu’entendons-nous par le terme « indigent » ?

Au minas, il faut entendre l’indigence de deux façons. Est indigent ou indigente, toute personne qui se retrouve dans l’incapacité de satisfaire par elle-même, sans l’aide de la communauté, au moins un seul besoin essentiel. Et parmi les besoins fondamentaux réels qu’on connait couramment il y’a entre autres se nourrir, se soigner, se vêtir, et se loger.

Et qu’en est-il de « l’indigence hospitalière » ?

L’indigence hospitalière telle qu’elle est entendue actuellement, n’est pas la bonne compréhension. Elle renvoie au fait que vous avez des individus qui se retrouvent malades, qui sont pris en charge à l’hôpital et qui se retrouvent dans l’incapacité de supporter le coût de leur prise en charge. L’identification de l’indigénat est un chantier qui est en cours.

Au regard de cette mesure salutaire, comment parvenez-vous à identifier les patients au statut d’indigents ?

 Pour le moment en fonction de l’acte professionnel que posent les service d’actions sociales auprès des formation sanitaires, on considère que ceux qui sont incapables de supporter les coûts de leur prise en charge à l’hôpital, sont indigents car il y a une enquête sociale qui est menée et à l’issue de laquelle on se rend compte que les revenus de la personne et les charges qui sont les siennes ne lui permettent  pas de supporter par exemple une ordonnance ou plutôt la facture d’hospitalisation,, puisqu’on l’appelle ainsi de manière vulgaire. Toutefois, il y a des cas d’indigence qui sont connus à l’avance.

Quel est précisément le rôle des services de l’action sociale à ce niveau ?

Dans le cadre des hôpitaux, leur rôle est double. Premièrement, il s’agit d’accompagner le malade. Deuxièmement, s’assurer que celles des personnes qui se retrouvent internées à l’hôpital et qui ont du mal à prendre en charge le coût de leur internement, puissent bénéficier d’un accompagnement ; D’abord de leur famille ou de leur communauté. Ensuite lorsqu’on se rend compte que là aussi il y a des difficultés, assurer un plaidoyer auprès des autorités de l’hôpital pour voir dans quelle mesure l’on pourrait procéder à une exemption partielle ou totale des frais de prise en charge.

Que répondez-vous à ces personnes qui affirment que le ministère de la santé publique a pris à bras le corps un volet du ministère des affaires sociales ?

L’hôpital n’est en aucun cas le Minas, mais bel et bien une structure sanitaire qui traite dans l’institutionnel du Minsanté. Au premier chef, c’est le Minsanté qui est dans son rôle lorsqu’il donne des instructions aux responsables des institutions sanitaires, pour que cesse une pratique qui pourrait avoir une justification mais qui est loin d’être une justification éthique. Et c’est là qu’intervient le ministère des affaires sociales qui a la charge des questions de solidarité nationale et de justice sociale. Nous nous faisons le plaidoyer, il n’y a aucun problème, le gouvernement travaille chacun dans son compartiment à apporter des réponses aux problèmes qui se posent en terme d’indigence. Depuis deux ans, le Minas travaille avec le Minsanté et d’autres acteurs comme les communes à la réflexion sur les questions d’indigence hospitaliers.

Quelles sont les actions enclenchées singulièrement par le Minas en vue de la justice sociale, l’intégration des indigents sociaux ?

En ce qui concerne les structures d’encadrement des personnes socialement vulnérables, il y’a un plan de modernisation de ces structures qui a été engagé par madame le ministre des affaires sociales et certaines d’entre elles bénéficient déjà des moyens substantiels pour leur modernisation. C’est par exemple le cas de l’institution camerounaise (ICE) de Betamba, celle de Maroua, du Borstal institute de Buea, le CAO de Bepanda à douala. Bien d’autres encore à l’instar du Rehabilitation institute for the blind de Buea. Le Minas a lancé l’alerte il y’a quelques temps au lycée général Leclerc avec son collègue du gouvernement, le ministre des enseignements secondaires sur la montée des fléaux sociaux en milieu scolaire et en général en milieu jeune. Cela nous permet aujourd’hui de comprendre qu’il y a véritablement un combat qu’il faut mener contre ces fléaux dans ces milieux.

Les enfants de la rue ne sont pas en reste !

En ce qui concerne les enfants de la rue, il y a un travail de fond qui est abattu mais qui sera véritablement perçu lorsque l’ensemble de la communauté se sera rendu compte qu’il n’y aura jamais un jour où l’on ne verra pas un seul enfant de la rue. Tant qu’il y aura des rues, il y a aura des enfants mais le travail du Minas sur ce plan est de prévenir la communauté de ce qu’il faut changer de regard sur ces enfants-là et ensemble on pourra faire qu’ils repartent dans les familles et communautés.

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