Les sports ont un multi impact sur l’environnement notamment en affectant l’équilibre écologique, comme acteur de la pollution de l’air, de l’eau et des sols, de la production de déchets, de l’influence sur la faune et la flore. Sans oublier les conflits d’usage, de sécurité, les conflits socioculturels, et même les effets socio-économiques. C’est la quintessence de cette analyse menée dans ce dossier par Benoit-Ivan WANSI.

Le sport, un adversaire qui marque la nature ?

Entre cyclistes qui occupent toute la route, skieurs ou surfeurs dans un train, motos pétaradantes, trafic surchargé lors de grosses manifestations sportives et bruit à chaque spectacle pour certains sports comme le foot ou le rugby, les atteintes à l’environnement imputées à la pratique des sports sont nombreuses. Au fur et à mesure que le sport a pris de l’ampleur, tant au niveau du volume des pratiques que des masses financières générées, un élément nouveau est venu complexifier la gestion des activités : il s’agit de la prise en compte de l’environnement. A ceci s’ajoute parfois la construction d’un stade en désaccord avec l’architecture d’une ville, du rallye sur des territoires où les occupants ne demandent que du calme et la sérénité. Les spécialistes de l’environnement dénoncent la pollution atmosphérique et sonore, dues à la pratique de certains sports motorisés tels que le jet ski ou le motocross. Egalement, les déchets laissés par certains sportifs lors des manifestations mais aussi lorsqu’ils pratiquent tout seuls, les berges de rivières piétinées, les pitons et fils d’aciers plantés dans les rochers. Ces atteintes touchent à l’intégrité des écosystèmes, mettant en danger certaines espèces animales et végétales.

Le fairplay de la nature face à la destruction du potentiel de croissance verte.

En outre, d’autres sports occasionnent une grosse consommation d’énergies naturelles, entraînée par l’entretien, le fonctionnement d’équipements et d’engins sportifs. Concernant le golf, on observe un boisement non préservé et la perturbation des nappes phréatiques. Dans d’autres pays même, avec la pratique du ski, l’on assiste à la réduction des espaces vitaux des animaux, à la suppression de l’ambiance forestière, au déclenchement d’avalanches, à des chutes de pierre, et à l’altération du paysage montagnard. Toutefois, l’organisation des manifestations sportives (les jeux olympiques, la coupe du monde, la Can, la champion’s league, la Copa america…), la construction et la gestion des infrastructures, l’utilisation du matériel entre autres sont à elles seules sont suffisantes pour saisir l’impact du sport sur l’environnement. Cependant, des masses humaines peuvent parfois devenir dangereuses, comme par exemple lors d’un afflux de public au bord des routes pour une manifestation cycliste (l’ascension du Mont-Cameroun, les tours cyclistes). Ainsi, 90% des émissions de gaz à effet de serre du tournoi international de tennis de Roland-Garros proviennent des déplacements des spectateurs. Le Tour de France génère à lui-seul le déplacement de 15 millions de spectateurs. Si l’on ajoute même à cela nos tournois locaux ici au Cameroun !

Les efforts des politiques sportives pour relever le challenge de la protection du biotope. 

Aujourd’hui d’autres sports ont évolué et ont pensé notamment à la création des environnements avec barrières, grillages, policiers, surveillance électronique, afin de lutter contre l’insécurité et l’agressivité. Par ailleurs, l’essentiel de notre empreinte écologique, que ce soit dans le sport ou plus généralement en société, provient des transports.

Le Président du Comité International Olympique Thomas Bach, fut l’un des invités de marque de la COP21 organisée à Paris en 2015. On l’a écouté se réjouir de l’accord phare adopté sur les changements climatiques. Cela démontre que le monde du sport peut lui aussi, participer à la poursuite de ces enjeux du développement durable. On peut noter aussi que le CIO a mis en place un certain nombre de règles à respecter pour faire, du sport, une activité s’inscrivant le plus possible dans le développement durable. Cette organisation que vous maitrisez, a édité un manuel comportant les différents domaines d’action suivants : sites et paysage, installations sportives, équipements sportifs, transports, énergie, logement et restauration, gestion des eaux et assainissement, gestion des déchets. Néanmoins, il est possible de réduire cet impact et d’agir en faveur du développement durable, comme en ont pris conscience certains organisateurs d’évènements qui ont décidé de faire évoluer leur organisation. Toutefois, les acteurs semblent de plus en plus sensibilisés à la question et de nombreuses réglementations ou politiques publiques vont dans le sens d’une plus grande protection de l’environnement.

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