Les employés, à travers leurs délégués, réclament deux mois d’arriérés de salaire à leur hiérarchie.

La Cameroon Airlines Corporation (Camair-Co) ne semble pas près de sortir de la zone de turbulences. L’une des dernières actualités en date est la lettre, adressée le 9 avril au directeur général, Ernest Dikoum, par les délégués du personnel membres du Syndicat des travailleurs du transport aérien (Stta), du Syndicat des travailleurs de l’action sociale (Syntas) et du Syndicat national des professionnels du transport aérien (Snpta).

Réclamant le paiement des salaires de février et mars 2019, le personnel s’émeut de la «mauvaise spirale» dans laquelle il est désormais embarqué, une situation qui a plongé les employés «dans un état de précarité multiforme et croissante». Où un mois sur deux est désormais payé, le bénéficiaire se retrouvant à chaque fois débité de mensualités bancaires conséquentes, sans compter les factures et charges diverses. Qualifiant la situation de «très critique», les signataires du document invoquent l’impact négatif de cette précarité sur le moral, en général, et sur le rendement en entreprise, en particulier.

L’on note que c’est la première véritable épreuve directe de nerfs entre M. Dikoum et ses collaborateurs. Nommé en août 2016, il est le 6ème patron de la compagnie aérienne nationale depuis son décollage cahoteux, le 28 mars 2011. Cette grogne, dont on présume qu’elle aura du mal à trouver un écho favorable de sitôt auprès de ladite hiérarchie, intervient au moment où la Camair-Co, dont on disait il y a encore peu qu’elle avait pris sa vitesse de croisière, a replongé dans ses turpitudes avec une flotte presque entièrement immobilisée depuis deux mois.

Camair-Co semblait pourtant sorti de l’ornière lorsque, en mi-février dernier, elle affirmait avoir transporté quelque 350.000 passagers en 2018, contre près de 300.000 un an plus tôt, les recettes annuelles étant quant à elles passées de 16 à plus de 26 milliards de francs pendant la même période. En termes de perspectives de relance, le top-management annonçait le transfert des biens de son ancêtre la Camair et de l’État à Camair-Co, l’ouverture du capital à travers un appel de fonds aux entreprises publiques et privées ainsi que le traitement d’une dette abyssale, soit 35 milliards de francs à fin juillet 2016, pour une flotte de 5 appareils.

Ce retour d’infortune intervient également alors que le fameux plan de restructuration, proposé en 2015 par le non moins fameux cabinet Boeing Consulting, semble aujourd’hui tombé dans les oubliettes. Cette stratégie de relance, validé par le chef de l’État pour un accompagnement de 18 mois, prévoyait en effet le déblocage d’une enveloppe de 60 milliards de francs, le renforcement de la flotte à 14 avions. Avec ses nouveaux soucis à caractère social, mais aussi les multiples incertitudes qui pointent à l’horizon, Camair-Co semble plus proche du crash que du décollage définitif.

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